« Mais vous êtes à Venise, cité libre, enchantée et désenchantée, ville des mille délices et des grâces désœuvrées ! »

*Citation issue d’Humeur noire à Venise

Après trois tomes se déroulant à Paris, Olivier Barde-Cabuçon décide pour la quatrième et la cinquième aventure de son commissaire aux morts étranges de nous emmené à Venise (Humeur noire à Venise, 2015) en faisant un arrêt dans une vallée perdue de Savoie (Entretient avec le diable, 2016). Si la série apparaît très inégale avec ces deux livres, l’auteur prend un tournant certain dans son écriture et l’évolution de ses personnages.

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Le résumé de l’éditeur :

Pour voir les résumés éditeurs, c’est ici et ici.

Mon avis :

Comme je l’ai dit plus haut, avec ces deux tomes, la série devient assez inégale en terme de qualité. En effet, si les trois premiers tomes (Casanova et la femme sans visage, Messe noire, Tuez qui vous voulez) étaient plutôt bon, Humeur noire à Venise est bien moins bon que ses prédécesseurs, tant en terme d’intrigue que dans le développement de ses personnages.

En effet ce qui m’a particulièrement déçu dans ce quatrième tome, c’est bien l’intrigue qui passe au second plan et manque cruellement d’originalité, ce qui est tout de même assez paradoxale pour un roman policier !

Pour ce qui est des personnages, le tableau est un peu moins sombre. On a ainsi l’occasion de faire de nouvelles rencontres qui ne manquent pas de piquant ! Les personnages de Flavia et de Violetta m’ont particulièrement marqué de par leur caractère mais aussi par la place que leur donne l’auteur. Je me suis sûrement plus identifié à elles qu’aux autres personnages féminins des précédents tomes et elles présentent toutes deux un remarquable potentiel dramatique ! Au contraire, pour nos deux protagonistes, le bilan est plus mitigé. Notre moine hérétique préféré, du fait de sa maladie, est beaucoup plus retrait de l’action. En contrepartie, son personnage gagne énormément en complexité. A voir donc pour la suite ! Le chevalier de Volnay, lui, semble submergé par les événements.

Le seul point sur lequel je ne peux faire aucune critique, c’est bien la narration et la description de Venise ! On est littéralement transporté au milieu de la cité des doges du XVIIIème siècle. Les descriptions sont précises sans être lourdes, les anecdotes croustillantes.

Malgré tout, cela n’arrive pas à compenser le manque criant d’intrigue. Cette lecture a été sûrement la plus décevante de la série à ce stade.

Après cette déception, j’avais évidemment de très grandes attentes pour Entretien avec le diable. Pour ce tome-là, nous nous trouvons au fin fond d’une vallée perdus de Savoie, dans un huit clos oppressant. Une atmosphère toute particulière donc. Elle est sombre et épurée. Les personnages sont croqués à grand traits durs. Tout est rude, rugueux, en total opposition de l’atmosphère brillante et byzantine du précédent tome. Et ce n’est pas déplaisant. Ici, tous les repaires de nos deux enquêteurs sont brouillés et leurs esprits rationnels va être mis à rude épreuve face à des phénomènes inexplicables. C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé dans ce tome une véritable enquête, avec des suspects crédibles, des preuves, des pistes et des fausses pistes. On suspect tout le monde, on reste en haleine.

Le développement des personnages reste un peu en retrait par rapport aux livres, mais certaines questions commencent à se poser. On sent la mise en place d’intrigues plus complexe pour nos deux héros. Si le moine hérétique s’est sorti de son humeur noire, on sent que ce n’est que le début d’une très très intéressante évolution.

Finalement, ce tome est un tome intermédiaire. On sent qu’un certain nombre de changements se mettent en place. Si son point fort reste l’intrigue, ce livre présente des pistes très très intéressantes pour la suite. Alors, je n’ai qu’une hâte, lire le sixième tome de la saga !

 

« Renoncer au monde et aux passions, centrer son esprit sur l’invisible et rencontrer Dieu ! Mieux vaut entendre cela que d’être sourd ! »

Entretien avec le Diable, Olivier Barde-Cabuçon. Actes Sud (Actes noirs), 2016

 

 

 

 

 

 

 

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