« Mais vous êtes à Venise, cité libre, enchantée et désenchantée, ville des mille délices et des grâces désœuvrées ! »

*Citation issue d’Humeur noire à Venise

Après trois tomes se déroulant à Paris, Olivier Barde-Cabuçon décide pour la quatrième et la cinquième aventure de son commissaire aux morts étranges de nous emmené à Venise (Humeur noire à Venise, 2015) en faisant un arrêt dans une vallée perdue de Savoie (Entretient avec le diable, 2016). Si la série apparaît très inégale avec ces deux livres, l’auteur prend un tournant certain dans son écriture et l’évolution de ses personnages.

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Le résumé de l’éditeur :

Pour voir les résumés éditeurs, c’est ici et ici.

Mon avis :

Comme je l’ai dit plus haut, avec ces deux tomes, la série devient assez inégale en terme de qualité. En effet, si les trois premiers tomes (Casanova et la femme sans visage, Messe noire, Tuez qui vous voulez) étaient plutôt bon, Humeur noire à Venise est bien moins bon que ses prédécesseurs, tant en terme d’intrigue que dans le développement de ses personnages.

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Bilan du mois : JUIN 2017

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Au programme ce mois-ci : une sortie très attendue, la découverte d’une autrice bouleversante et une grosse déception. Au total, 7 livres lus pour un total de 2998 pages.

La Passe-Miroir 3/ : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

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Sûrement la sortie la plus attendu du mois !!! Si l’intrigue générale n’avance pas tellement, cela reste tous aussi génial que les deux premiers tomes et rend l’attente du prochain (et dernier ! ) livre encore plus dur à supporter !

Love letters to the dead de Ana Dellaira

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Love letters to the dead a été une bonne surprise ! Ana Dellaira ne révolutionne pas le genre mais il y a quelques originalité qui ont rendu cette lecture très sympathique ! (Ma chronique ici)

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« Il y a certaines choses que je ne peux dire à personne, sauf à ceux qui ne sont plus là. »

Love letters to the dead est un livre « adolescent », reprenant les grands thèmes de ce genre de livre : le passage vers l’âge adulte, la mort et évidemment, l’amour. S’il n’est pas hyper original, Love letter to the dead a tout de même su me surprendre, me divertir et m’émouvoir.

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Résumé de l’éditeur :

Au commencement, c’était un simple devoir. Ecrire une lettre à un mort. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande soeur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres où elle dresse son propre portrait de lycéenne, celui de ses nouveaux amis, de son premier amour… Mais pour faire son deuil, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s’est réellement passé, la nuit où May est décédée.

 

Mon avis

Je n’avais pas de très grandes attentes pour ce livre bien qu’il était depuis un certains nombre de temps dans ma wishlist. A vrai dire, ce n’est pas une genre que j’ai l’habitude de lire, et j’avais un peu peur qu’il ne soit que la pâle copie d’autres livres du même genre (comme le laissait entendre certaine critiques que j’avais pu lire). Étonnamment, même si cela n’a pas été un coup de cœur, j’ai passé un agréable moment.

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« Moi, je regrette que tous ces gens ne sachent pas lire pour savoir combien je les méprise »

Déjà connu pour avoir écrit du polar noir, Michaël Mention se lance ici dans le policier historique… Sans y parvenir vraiment. En 1835, alors que le poète et assassin Lacenaire attend avec impatience la guillotine, des enfants sont horriblement assassinés, imitant les crimes de Lacenaire. A cours de piste, la police décide de faire appel à l’assassin. Si l’idée de départ est très bonne, l’auteur ne fait que l’effleurer et en gâche tout le potentiel.

couv19165603Résumé de l’éditeur :

Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, alors que Paris est rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, vers le célèbre poète et assassin Pierre-François Lacenaire. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et à rédiger ses Mémoires en attendant de passer sous la guillotine. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide alors de le solliciter dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation, qui les entraînera tous deux dans les coulisses d’un Paris mystérieux et violent.

Mon avis :

Si l’idée de départ me plaisait énormément, j’ai été extrêmement déçus de ce qu’en à fait l’auteur. En effet, tout reste en surface. On sait finalement très peu de chose sur les personnages, qui pourraient pourtant être extrêmement intéressants ! On a quelques infos par ci par là… Et c’est finis ! Cela m’a vraiment empêché de m’attacher à eux malgré tout leur potentiel.

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Bilan du mois : MAI 2017

Avec les partiels, le mois de mai ne fut pas particulièrement productif au niveau de mes lectures. Il y a toutefois de très (très) belles découvertes !

Les seigneurs de Bohen de Estelle Faye

S’il ne me fallait retenir qu’un seul livre en mai, c’est celui-ci ! Je vous en ai déjà parlé de long en large ici, je vous laisse donc cliquer sur le lien !

Le prix de l’hérésie de S. J. Parris

Roman historico-policier se déroulant au XVIème siècle, ce fut une agréable surprise. Je n’en attendais pas grand chose, et finalement j’ai vraiment été prise par l’intrigue et surprise par les personnages que je n’attendais pas si nuancés !

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« Nous avons l’avenir. Nous avons la colère, et nous avons l’espoir »

Peu connus du grand public, Estelle Faye a pourtant été une véritable révélation dans le milieu de la littérature de l’imaginaire francophone avec sa trilogie La voie des oraclesUn éclat de givre, ou bien encore Porcelaine. Son dernier né, Les Seigneurs de Bohen aux éditions Critic, a largement fait le tour des blogs littéraires, et ce, avec d’excellentes critiques. A vrai dire, même sans avis positif, je me serais laissée tenter par ce roman dont la couverture est tout simplement magique !

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Résumé de l’éditeur :

Je vais vous raconter comment l’Empire est mort.
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

L’avis d’Isabeau :

Il y a des livres comme ça, où dès les premières pages nous savons que ce sera un coup de cœur et qu’il va nous bouleverser. C’est ce qui m’est arrivée avec Les seigneurs de Bohen d’Estelle Faye.

Je suis tout de suite tomber amoureuse de son écriture. Celle-ci est légère, avec des phrases courtes, parfois simplement nominales. Je n’ai pu m’empêcher, avec une certaine émotion, rapprocher cette écriture à celle du très regretté Pierre Bottero. J’ai donc été conquise, et je me suis laissée entraîner sans difficulté dans ce monde sombre, où tout le monde doit lutter pour sa propre survis.

Mon deuxième coup de cœur fut pour les personnages. Estelle Faye nous présente toute une palette de héros, dont aucun ne tombe dans le manichéisme et qui se révèlent tous complexes et touchants. L’autrice se concentre notamment sur trois personnages : Sainte-Etoile, un bretteur en quête de rédemption, Maëve, une morguenne qui doit sauver les Havres des Vaisseaux noirs, et Wens, condamner aux mines. Saint-Etoile n’est peut-être pas le plus original : bretteur, mercenaire sans loi ni moral, il se révèle toutefois touchant, et je dois avouer que le duo qu’il forme avec Mordre, le monstre dans sa tête, m’a plus d’une fois fait rire. Maëve, la morguenne des Havres, est le personnage auquel je me suis le plus attaché et, il faut le dire, qui m’a le plus éblouis. C’est une héroïne qui sort des sentiers battus et des normes, qui n’est pas sans faille mais qui fascine par sa soif de liberté et son amour de la mer. Wens est celui auquel je me suis peut-être le moins attachée mais qui s’est révélé comme le plus complexe. Estelle Faye joue vraiment sur l’ambiguïté moral de ses personnages : ils ne sont pas tout blancs ou tout noir (comme cela arrive souvent dans les romans de dark fantasy), ils évoluent. Les épreuves qu’ils traversent n’en font pas des martyrs, mais influent sur leurs décisions et leur évolution.

Comme tout être humains, ils vont créer des liens entre eux, nouer des amitiés, et aussi connaître l’amour. En effet, les histoires d’amours entre les personnages sont bien plus présent que dans d’autres livres de dark fantasy, et ce n’est pas une mauvaise chose ! Cela rend encore plus complexe les personnages, met en évidence leurs sacrifices et leurs cicatrices . Et puis, ces romances sont tellement bien menées, s’inscrivent dans une telle diversité qu’elles pourraient se suffire à elles toutes seules.

L’intrigue, quant à elle, suis la chute de l’empire de Bohen. Si le parcours des personnages prend clairement le pas sur celle-ci, elle justifie leurs sacrifices. En fait, l’histoire de chaque personnage est une partie de la Grande Histoire. L’autrice propose aussi à travers ses personnages et son intrigue des pistes de réflexions que j’ai trouvé très intéressantes.

Je pourrais vous raconter pendant des heures à quel point ce livre m’a bouleversé, fait rire, rêver, réfléchir… Je préfère m’arrêter là et vous laisser découvrir par vous même cette merveille !

« Il était comme la poudre. Comme les feux d’artifice. Comme tout ce qui possède une lumière trop intense pour ce monde, ce qui réchauffe et qui brûle à la fois. Il n’était pas de ceux qui vivent, qui s’éteignent doucement dans leur grand âge. Il était de ceux qui explosent, qui éblouissent, qui traversent l’existence comme une étoile filant en plein ciel, comme un éclat de grenade. Je l’ai su dès que je l’ai vu. J’ai su que je ne devais pas m’attacher à lui. Je l’ai fait quand même. »

 

AUTEUR : Estelle Faye
EDITION : EDS. CRITIC
ANNÉE D’ÉDITION : 2017
NOMBRE DE PAGES : 612
PRIX : 25 €

« Flammes amies, dévorez-moi ! »

Prix Imaginal en 2015, Stefan Platteau apporte un vent de fraîcheur sur la fantasy francophone avec son premier roman Manesh, premier tome du Sentier des astres. il y reprend des thèmes classique de la fantasy sans tomber dans le cliché et en construisant un monde original et poétique.

Résumé de l’éditeur :

Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

L’avis d’Isabeau :

Présenté comme l’une des « nouvelles voix majeures » de la littérature fantasy par les éditions Mouton Electrique, Stefan Platteau signe avec ce premier livre un très bon roman. On y retrouve tous se qui fait la littérature fantasy, c’est-à-dire une quête mystérieuse dans des contrées hostiles, un groupes d’aventuriers, une mythologie des plus intrigantes…

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