« Flammes amies, dévorez-moi ! »

Prix Imaginal en 2015, Stefan Platteau apporte un vent de fraîcheur sur la fantasy francophone avec son premier roman Manesh, premier tome du Sentier des astres. il y reprend des thèmes classique de la fantasy sans tomber dans le cliché et en construisant un monde original et poétique.

Résumé de l’éditeur :

Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

L’avis d’Isabeau :

Présenté comme l’une des « nouvelles voix majeures » de la littérature fantasy par les éditions Mouton Electrique, Stefan Platteau signe avec ce premier livre un très bon roman. On y retrouve tous se qui fait la littérature fantasy, c’est-à-dire une quête mystérieuse dans des contrées hostiles, un groupes d’aventuriers, une mythologie des plus intrigantes…

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« Là-bas… »

En lisant Du Bellay et Pétrarque, en découvrant Botticelli, il m’est venu comme une envie d’Italie et de douceur. Une envie de balade sur les pentes de collines en fleur, de promenade au cœur de petit village de pierre, de vent et de lumière.

Un jour, le mirage est devenu réalité.

Les collines étaient plus vertes encore, les hameaux antiques s’y blottissaient. Le ciel était bleu, bleu de Sienne, n’est-ce pas ? La pierre rouge captait le soleil tombant et le diffractait. Là-bas, les statuts ne sont plus statuts, elles sont prophétesse assoupies. Là-bas, nous pouvons tout à la fois toucher le ciel d’une seule main, et contempler la mégalomanie humaine. C’est la terre d’hommes et des femmes, de vies, de rêves et d’espoirs.

Là-bas, tout y ait plus beau, plus différent. Un rêve, en quelque sorte, qui se serait perdus sur le chemin de la nuit, et qui aurait décidé d’exister.

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A la croisé des chemins (Tous droits réservés)

« Là-bas »

« Aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre une seconde chance »

Auteur majeur du XXème siècle, prix Nobel de littérature en 1982, Gabriel Garcia Marquez marqua la littérature sud-américaine par son abondante bibliographie et son imaginaire fertile. Cent ans de solitude, chef d’oeuvre mondialement connu, fut pour moi l’occasion d’une première rencontre avec cet auteur et de découvrir un nouveau genre littéraire, le réalisme magique.

Quatrième de couverture : A Macondo, petit village isolé d’Amérique du Sud, l’illustre famille Buendia est condamné à cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquiades… Dans un tourbillon de révolutions, de guerre civile, de fléaux et de destructions, elle vit une épopée mythique; à la saveur inoubliable, qui traverse les trois âges de la vie : naissance, vie et décadence…

Mon avis :

Hors du temps, hors de l’espace, Macondo, petit village de pionnier, se dresse au centre de cette fresque onirique comme le village d’un conte de fée. Véritable OVNI, Cent ans de solitude fascine par sa complexité, son écriture et son imaginaire. Gabriel Garcia Marquez nous entraîne dans une épopée qui hésite toujours entre le réel et l’incroyable. Ce roman, c’est avant tout une atmosphère, toujours entre rêve et réalité. Garcia Marquez arrive à manier l’histoire colombienne et des éléments du merveilleux. Son style d’écriture emprunte ainsi au registre réaliste mais c’est un compte merveilleux qui se déroule sous nos yeux. Ce mélange de deux styles à prioris incompatibles m’a vraiment transporté et a surement contribué à faire de ce livre un chef d’oeuvre.

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« It was on a dreary night of February… »

Elle n’était pourtant pas si morne cette soirée.* Elle était même plutôt agréable. Je venais de finir pour la énième fois La forêt des captifs de Pierre Bottero, accompagnée d’un thé chaud et sucré. L’atmosphère était paisible et mon corps ne demandait plus qu’à sombrer dans une douce torpeur. Pourtant, mon esprit, lui, était fébrile.  Il avait envie de lire, d’écrire, de photographier, de découvrir, de partager, d’aller au-delà des frontières. Cela ne m’était pas arriver depuis des mois. J’ai pris un carnet et j’ai commencé à écrire. Cela ne suffisait pourtant pas. Il fallait que je me reconnecte réellement au monde. C’est alors que dans mon cerveau surchauffé s’est faufilé un lointain souvenir, presque un mirage… Il y a longtemps, alors que les sorcières traversaient encore sur leur balais le ciel nocturne, que les loups parlaient en toute impunité à la Lune et que l’Homme n’était qu’un embryon, j’avais un blog.

Pourquoi l’avais-je laissé tomber ? Plusieurs réponses s’imposèrent. La principale était surement la procrastination « Pas aujourd’hui, je suis trop fatiquée », « Demain, j’aurais moins de travail », etc, etc. Cela était impardonnable et ne justifiait pas cet abandon. L’autre raison était l’absence d’envie. Je n’avais plus envie de partager, de découvrir, de sortir des sentiers battus, toutes ces choses qui m’ont poussées à me lancer dans la grande aventure Internet.

Je n’ai pas pour autant arrêté de lire, et j’ai même fait de belles trouvailles; je n’ai pas arrêté de voyager, et se fut même merveilleux. Mais voilà, je me sentais creuse ou submergée par ma vie. Il fallait donc un retour aux sources, un voyage dans le temps, pour me remettre d’aplomb. L’envie a finis par revenir mais c’est une friche que j’ai découverte. Tout était en vrac et bancal. Tout était à reconstruire. Cela aurait du me décourager mais j’ai décidé de faire table rase. S’il fallait reconstruire, c’était aux fondations qu’il fallait s’attaquer ! J’ai alors ressortis mon clavier, rouverts mon compte WordPress : j’allais créer un nouveau blog ! Celui là ne serait plus axé seulement sur la lecture mais sur la culture au sens large. Livres, expositions, musées, voyages, monuments, et même sériées télévisées et cinéma si l’aventure me tentait !

Avec cette nouvelle ligne éditoriale, j’ai du tout revoir et conclure que Les Carnets de la P’tite Poucette , s’était finis. J’avais si longtemps navigué sous ce pavillon que cela ne fut pas facile de le laisser au port. J’ai finalement trouvé mon nouvel étendard : Isabeau de Bellevue, encore un pseudonyme, mais qui me correspondait beaucoup mieux. Je ne sais pas si ce nouveau navire prendra le large, il vogue encore en eaux peu profondes. Cela prendra sûrement du temps mais je ne désespère pas. Ma liste d’articles que je veux faire est prête, les premières ligne d’une prochaine chronique au bout de mes doigts. Je n’ai pas tiré un trait définitif sur mon travail dans Les Carnets, vous retrouverez  quelques articles qui, je pense, méritent encore d’être lu. Et si vous êtes nostalgique, vous pouvez  lire l’intégralité des articles publiés sur mon ancienne adresse web que je laisserais en ligne.

J’espère vous retrouver très bientôt pour de nouvelles découvertes !

Isabeau (anciennement Poucette)

*Le titre est un pastiche de Frankenstein de Mary Shelley « It was on a dreary night of November… »

« Je ne suis pas sûr qu’il soit possible d’être exceptionnel sans être un peu anormal aussi. »

     De nombreux artistes extrêmement talentueux, tels Charles Baudelaire ou Vincent Van Gogh, sont connus pour avoir flirter avec la folie (ou bien pour être complètement fou). Ainsi, génie est souvent synonyme de folie et vise versa. C’est cette thématique que nous propose d’aborder Benjamin Wood dans sont premier roman, Le complexe d’Eden Bellwether, centré sur le personnage éponyme, organiste virtuose,  et sont petit groupe d’amis, étudiants au King’s College de Cambridge.

Résumé : Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée du campus, Oscar est attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant de la chapelle de King’s College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme capte sont attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique…

L’avis d’Isabeau : 

     Les personnages et leur complexité sont des éléments essentiels à la qualité de l’oeuvre. Je me suis de suite attachée à Oscar, aide-soignant et seule personne « normale » dans ce monde d’étudiants surdoués, de musiciens virtuoses et de doctorants qu’est la ville universitaire de Cambridge. Il apporte un véritable vent de fraîcheur : c’est un jeune homme ordinaire, qui n’a pas forcément eu la chance de Lire la suite de « « Je ne suis pas sûr qu’il soit possible d’être exceptionnel sans être un peu anormal aussi. » »

« Le bien, pour un livre, est d’être lu »

Le roman policier a engendré de nombreux sous-genres littéraires tel que le roman à énigme (Agatha Christie, Arthur Conan Doyle), le thrilller (Maxime Chattam), le roman noir (James Ellroy) mais aussi le policier historique. L’un des auteurs emblématiques du genre est Umberto Eco avec Le nom de la rose 

Résumé de l’éditeur : « En l’an de grâce et de disgrâce 1327, rien ne va plus dans la chrétienté. Des bandes d’hérétiques sillonnent les royaumes. Lorsque Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, arrive dans le havre de sérénité et de neutralité qu’est l’abbaye située entre la Provence et la Liturie -que tout l’Occident admire pour le science de ses moines et la richesse de sa bibliothèque- , il est aussitôt mis à contribution par l’abbé. La veille, un moine s’est jeté du haut des murailles. C’est le premier des assassinats qui seront scandés par les heures canoniales de la vie monastique. Crimes, strupe, vice, hérésie, tout va advenir en l’espace de sept jours. »

L’avis d’Isabeau : 

La toute première chose qui m’a frappée au début de ma lecture, c’est la complexité de l’univers et de l’oeuvre. On sent de suite que l’auteur sait de quoi il parle et nous plonge sans difficulté dans les méandres du Moyen-Age.

Le récit est rythmé par les heures liturgiques. Cela donne au roman une cadence très lente qui permet de mettre en place tout le contexte historique et de bien placer le contexte spatial. La connaissance de l’auteur de l’époque m’a vraiment impressionnée. Tout est décris avec exactitude : la façon dont est organisé l’abbaye, les diverses intrigues de pouvoir de l’époque et l’histoire des différents ordres religieux. Je reproche parfois aux auteurs d’être approximatif dans leur description de l’époque, mais ici, l’excellence et la rigueur sont au rendez-vous !

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« La jeunesse est capable de tout car elle ne s’est pas encore usée comme nous à la réalité de la vie ! »

C’est en hiver, en plein cœur du carnaval, que nous donne rendez-vous Olivier Barde-Cabuçon pour le troisième tome Des enquêtes du commissaire aux morts étranges. C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé les héros de Casanova et la femme sans visage et de Messe noire et découvert une nouvelle facette du Paris du XVIIIème siècle.

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Résumé :

Hiver 1759. Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe.
Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint- Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV…
Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous.
La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.

L’avis d’Isabeau :

Je tiens encore une fois à remercier monsieur Barde-Cabuçon pour l’envoi de ses livres !

Me revoilà avec la troisième enquête du commissaire aux morts étranges et de son acolyte le moine hérétique ! Le contexte historiques reste toujours très lié à l’enquête et permet de donner une toute nouvelle atmosphère à ce troisième volet. Le chevalier d’Eon, le Secret du Roi, des convulsionnaires et la fête des fous ressuscitée : un vent de folie semble souffler sur Paris. Je pense que c’est l’une des caractéristiques de cette série qui me plait le plus : que chacun des tomes est sa propre atmosphère grâce aux différentes particularités d’une l’époque très complexe et méconnus.

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