[Chronique] L’Ombre du vent – Carlos RUIZ ZAFON

L’Ombre du vent est un livre qui à pour moi une histoire particulière. Ce livre me fut offert par l’une de mes professeur d’espagnol qui espérait ainsi me faire aimer cette langue que j’avais tant de mal à apprendre, ou tout du moins me faire aimer cette culture. J’avais alors 15 ans, et je n’étais sûrement pas prête pour cette lecture. C’est pour cela qu’il est resté tant de temps dans ma PAL. Mais le moment de le lire est enfin arrivé, et je ne peux retenir qu’une chose : bouleversant.

couv12393587Résumé du l’éditeur :

1945. Barcelone se réveille après neuf années de guerre. Dans une ruelle étroite, deux silhouettes émergent au petit jour. Un père, libraire, et son fils de 10 ans s’en vont sacrifier à un rituel centenaire. Bientôt, le Cimetière des Livres oubliés leur ouvrira ses portes. Parmi les fantômes et les rayonnages, le jeune Daniel choisira un volume, un seul. Ce sera L’Ombre du vent. Dès lors, la recherche de son auteur, Julián Carax, obsédera Daniel jusqu’à façonner le cours de son existence.

 

« Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. »

 

L’Ombre du vent, c’est avant tout une véritable déclaration d’amour aux livres et à la littérature. A tous les livres et à toutes les littératures. A ces mots qui nous font voyager et vont même jusqu’à nous façonner. Vous connaissez sûrement ce sentiment de bonheur, de plénitude et de tristesse mêlés que nous ressentons lorsqu’un livre nous bouleverse pour la première fois. C’est cela qu’essaye de retranscrire Carlos Ruiz Zafon : cet amour profond pour les livres et leurs pouvoirs parfois trop méconnus. L’Ombre du vent, c’est aussi un hommage à tous ces livres peu connus ou tombés dans l’oublie et pourtant qui se révèle être de véritables trésors.

 

Deux lieux, deux personnages, une ambiance

 

Tout le roman est marqué par deux lieux : Barcelone et le Cimetière des livres oubliés. L’un est une ville marquée par la violence, le passé et l’oublie, l’autre un sanctuaire, un mémorial voué au culte du livre. Ces deux lieux sont emblématique du roman, au point de devenir des personnages à part entière, aux multiples visages. Tous les deux sont  des labyrinthe dans lesquels se perdent les personnages, réceptacles de tous les vices humains, mais aussi de toutes leurs joies, de toutes leurs espérances et de leur amour. Barcelone et le Cimetière des Livres oubliés sont au centre d’une atmosphère brumeuse, mystérieuse, presque étouffante et pourtant si mystérieuse. Celle-ci remplis chaque recoins du roman, de la librairie des Sempere à la villa Aldaya en passant par les rues de Barcelone. Impossible de lui échapper, mais en a-t-on vraiment envie ?

 

« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie : ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

 

L’une des choses qui m’a le plus fasciné dans L’Ombre du vent, c’est ce schéma cyclique que l’on retrouve dans bien des aspects du roman. Il n’est pas aussi présent, ni aussi subtil que dans Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, mais il est indubitablement présent. J’aime ce schéma en forme de cercle, ce schéma de répétition, parce qu’il donne un sens aux événements : c’est le destin.

Le mot est lancé : destin. C’est là que commence le récit : le livre qui attendait son lecteur comme une sorte de prophétie, l’histoire qui se répète, ces prénoms qui reviennent sans arrêt. Ce destin est présent à chaque instant, et malgré tout, il n’est pas une fatalité.

 

« […] nous restons vivants tant que quelqu’un se souvient de nous. »

 

L’Ombre du vent s’inscrit donc dans la lignée de ces livres qui vous retourne le cœur, qui marque votre vie de lecteur et qui ne vous quitte pas. Lorsque je l’ai terminé cette nuit là, je savais que je venais de lire un véritable chef d’oeuvre.

 

« Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à notre cœur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour. »

Auteur : CARLOS RUIZ ZAFON
Edition : EDS. POCKET
Année d’édition : 2013
Nombre de pages : 666
Prix : 8,20 €

 

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« La jeunesse est capable de tout car elle ne s’est pas encore usée comme nous à la réalité de la vie ! »

C’est en hiver, en plein cœur du carnaval, que nous donne rendez-vous Olivier Barde-Cabuçon pour le troisième tome Des enquêtes du commissaire aux morts étranges. C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé les héros de Casanova et la femme sans visage et de Messe noire et découvert une nouvelle facette du Paris du XVIIIème siècle.

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Résumé :

Hiver 1759. Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe.
Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint- Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV…
Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous.
La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.

L’avis d’Isabeau :

Je tiens encore une fois à remercier monsieur Barde-Cabuçon pour l’envoi de ses livres !

Me revoilà avec la troisième enquête du commissaire aux morts étranges et de son acolyte le moine hérétique ! Le contexte historiques reste toujours très lié à l’enquête et permet de donner une toute nouvelle atmosphère à ce troisième volet. Le chevalier d’Eon, le Secret du Roi, des convulsionnaires et la fête des fous ressuscitée : un vent de folie semble souffler sur Paris. Je pense que c’est l’une des caractéristiques de cette série qui me plait le plus : que chacun des tomes est sa propre atmosphère grâce aux différentes particularités d’une l’époque très complexe et méconnus.

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